A Pont de Vaux, les 4 courses de SSV enthousiasment le public

30/08/2017 - Mondial du Quad 2017

A Pont de Vaux, les 4 courses de SSV enthousiasment le public - Mondial  du Quad 2017

Depuis plus 30 ans Pont de Vaux organise son Mondial du quad, épreuve héritière de l’épreuve d’endurance: les 12 heures. L’association en charge de cette course attirant les équipes les plus huppées du monde entier a eu la bonne idée, voici trois ans, d’intégrer dans son programme une course d’endurance de SSV (Side by Side Vehicule), qui cette année, a trouvé son rythme de croisière avec 35 engagés.

Un plateau polyglotte et multiculturel

Il faut dire que dans ce milieu le bouche à oreille fonctionne à merveille ainsi, la qualité de la piste, tout comme la bonne ambiance du paddock et l’accueil chaleureux des organisateurs et du public, a incité les portugais, les italiens, les canadiens, les belges et les anglais à venir garnir le plateau français.

Dans ce microcosme du SSV en pleine évolution, il est certain que les trois marques dominantes du marché : CanAm, Polaris et Yamaha, veulent se montrer à leur avantage.

Les divisons françaises Polaris et Yamaha n’engageaient pas de machine particulière. Pourtant, Yamaha, sous la responsabilité de Joël Bontoux– grand sportif reconverti au sein du pool communication Yamaha France – a facilité la participation de clients sportifs en mettant à disposition une structure commune, fournissant conseils voire assistance quant à la gestion de la course et la réparation éventuelle.

Simon Penz du service Marketing Polaris France était en bord de piste en observateur avisé.



Une piste de qualité

Sur une piste dédiée au SSV, reprenant seulement une boucle du tracé réservé aux quads, les spécialistes de la terre, en la personne de Bernard Maingret Président de l’association sportive -fort de ses nombreux Dakar comme préparateur officiel pour Mitsubishi- et Thierry Viardot technicien associé à l’actuel programme rallye-raid de Peugeot, ont réalisé des prouesses pour offrir une piste large, présentant des sauts spectaculaires mais non « casse-voiture », des virages techniques et des enchaînements réclamant du pilotage.

Comme pour le quad le terrain a été fort bien préparé par Cyril Monterrat, le responsable depuis 9 ans de la préparation des trois pistes (Mondial de quad, Quad Contest et SSV), entrepreneur de travaux publics et d’aménagements extérieurs. Très modeste, l’expert en surfaces terre nous livre son secret:

« Il faut beaucoup de grattage (sur 50 cm) et des arrosages copieux pour que, dans la nuit, l’eau remonte afin d’avoir le moins de poussière possible. Cette année nous avons connu une sécheresse importante ce qui a compliqué la tâche. Nous avons déversé 1 600 000 litres d’eau pour l’ensemble des pistes ! Sur ce terrain limoneux-argileux, on peut dire que c’est assez compliqué. Il est impératif que la piste ne se défonce pas, pour ne pas avoir de blessés. »



Des courses échevelées et spectaculaires

En France, les courses de SSV étant régies par la FFSA, c’est l’ASA du Rallye des Vins de Macon qui contrôlait les opérations et les commissaires eurent pas mal à faire avec des pilotes incisifs, parfois téméraires et réalisant des figures libres aux conséquences imprévisibles (casquette, accrochage des ballots de paille, accrochages d’autres concurrents…).

Dès les essais, une hiérarchie assez nette se faisait jour avec en tête trois CanAm cernant un Polaris.

Tous les pilotes n’ayant pas vraiment considéré qu’il s’agissait d’une course d’endurance, comportant 4 manches -d’une heure chacune-, certains trouvèrent la première course bien longue et se demandèrent comment Anthony Jurado (CanAm France), Sébastien Guyette (Polaris, Belgique, vainqueur à Pont-de-Vaux en 2015), Lonardi Duilio (CaAm Italie), Martin Horik (CanAm, Canada) et Michael Techer (Polaris France) pouvaient tenir un tel rythme.

Réparation « express » insolite

Dans la seconde manche, Sébastien Guyette devait lâcher prise par suite de bris de cardan. Il faut bien dire qu’au niveau pilotage il faisait forte impression, tout en souplesse et en efficacité. Quatre CanAm se portaient donc en tête Les trois CanAm de la première manche étant rejoint par le belge Pascal Mercier. Ce que l’on n’avait pas perçu, c’est qu’Anthony Jurado « avait perdu son pont avant » et que pour rouler le lendemain les choses semblaient bien compromises. C’était sans compter sur la débrouillardise de Johan, l’ami, le mécanicien.

Un coup de fil dans la nuit à Montpellier à un autre mécanicien pour mise en alerte, un autre appel à Trans quad 34 (qui mettait à disposition le SSV d’Anthony) pour permettre un prélèvement d’organe, et le coup était jouable. Démontage aux aurores d’un pont neuf à Montpellier, transport rapide, remontage tout aussi rapide et Anthony Jurado dominait à nouveau la troisième manche.

On pouvait se dire qu’avec les 25 points marqués à chaque manche, Jurado affichant 75 points contre 48 à Horik et 46 à Techer tout comme Bruno Martins (Yamaha Portugal), on allait voir le vainqueur final déjà sacré, lever un peu le pied.

« C’est une chose que je ne sais pas faire », nous confiait-il dans un sourire. « Je suis ici pour me faire plaisir, je me régale. La piste est nickel, les sauts me procurent de l’adrénaline, alors profitons-en. »



Quatrième manche décisive

Les mécaniques ayant pas mal souffert 8 concurrents ne se présentent pas au départ de la quatrième manche.

Celle-ci est pourtant lancée sur le même tempo, avec le SSV orange N° 56 survolant, bosses et autres concurrents pour réaliser le grand chelem sur les 4 manches. Hélas, à moins de 3 minutes du drapeau à damier, Anthony était trahi par la courroie du variateur et restait en rideau au fond du circuit, fou de rage de n’avoir pas pu remporter les 4 manches.

Une fois la ligne franchie, le sourire revint, bien sûr avec ce cri du cœur : « je reviendrai à Pont de Vaux, l’an prochain et on verra bien. »

Sur la ligne d’arrivée un autre concurrent, moins jeune exultait de bonheur au milieu de son équipe canadienne tout de jaune revêtue. Réalisateur de télévision Martin Horik (Octane) a réussi son rêve, de couvrir le Mondial de quad et, cerise sur le gâteau de courir sur un CanAm et en plus de décrocher une seconde place.

Pour votre première expérience à Pont de Vaux, vous avez montré vos feux rouges à tout le monde, ou presque ?
« Ou presque, effectivement. J’avoue que le premier est très rapide. Il est tout jeune il a 23 ans, il est en pleine forme. »

Pourquoi étiez-vous aussi nerveux au départ de la quatrième manche ?

« Placé en 11 ème position sur la grille de départ, j’étais un peu découragé, moralement affecté. Toute mon équipe m’a dit « fait ton boulot ». C’est ce que j’ai fait, je suis resté droit, je n’ai pas tapé. Au final ça fait une superbe seconde place, je suis extrêmement content. »

En observant les meilleurs tours des 4 manches on note :
1ère manche : Antony Jurado : 2’12’’82
2ème manche : Sébastien Guyette : 2’16’’96
3ème manche : Antony Jurado : 2’15’’70
4ème manche : Antony Jurado : 2’10’’73

Il faut pour éclairer ces performances préciser qu’Anthony Jurado, bien que jeune, a déjà une belle expérience en compétition, puisqu’il a gagné en 2015 le championnat de France sur glace en catégorie 1000 et qu’il roule régulièrement en 208 Racing Cup.

Une discipline en évolution

Globalement cette course de SSV particulièrement disputée dénote une évolution notable de cette spécialité. De plus en plus de pilotes ou de quad ou d’auto trouvent dans cette pratique l’occasion de vraiment s’amuser, de glisser, de sauter, sans vraiment devoir investir des budgets énormes.

Les organisateurs du Mondial de Pont de Vaux ont donc bien joué en invitant les SSV à la grande fête du quad.

Pourtant mettre en place une piste particulière, dont les pilotes repousse allégrement toutes les frontières, constitue un travail de forçat, de piquetage entre les manches et de changement des ballots de paille très écorchés par les affrontements entre pilotes.

Yamaha et Polaris ont beau dire que leurs SSV sont homologués pour la route alors que les CanAm vainqueurs ne le sont pas, la vague sportive des SSV est en marche et si ces constructeurs ne surfent pas encore dessus, gageons qu’ils ne resteront pas longtemps absents de ce très haut niveau, qui a régalé des spectateurs enthousiastes.

Alain Monnot, Philippe Venet et JJ.Pauget

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